๐‘ณ๐’† ๐’Ž๐’‚๐’๐’‰๐’†๐’–๐’“ ๐’…๐’† ๐’โ€™๐’–๐’ ๐’†๐’”๐’• ๐’๐’† ๐’Ž๐’‚๐’๐’‰๐’†๐’–๐’“ ๐’…๐’† ๐’•๐’๐’–๐’”
๐ฝ'๐‘Ž๐‘– ๐‘ข๐‘›๐‘’ โ„Ž๐‘–๐‘ ๐‘ก๐‘œ๐‘–๐‘Ÿ๐‘’ !
๐‘‚๐‘› ๐‘ก'๐‘’ฬ๐‘๐‘œ๐‘ข๐‘ก๐‘’ ๐‘‡๐‘œ๐‘›๐‘ก๐‘œ๐‘› ๐ต๐‘Ž๐‘‘๐‘œ๐‘ข !
๐ถฬง๐‘Ž ๐‘ '๐‘’๐‘ ๐‘ก ๐‘๐‘Ž๐‘ ๐‘ ๐‘’ฬ ๐‘ข๐‘› ๐‘—๐‘œ๐‘ข๐‘Ÿ...
... ๐‘’๐‘ก ๐‘ฬง๐‘Ž ๐‘ ๐‘’ ๐‘๐‘Ž๐‘ ๐‘ ๐‘’ ๐‘’๐‘›๐‘๐‘œ๐‘Ÿ๐‘’ !


On raconte qu'une vieille femme partageait sa case avec un serpent et un oiseau. Chaque fois que l'oiseau pondait, le serpent avalait l'ล“uf.

N'en pouvant plus, l'oiseau alla voir une personne et lui dit :
โ€” Un malheur ne vient jamais seul et seule la paix prรฉserve le bon voisinage. Je voudrais que tu ailles dire au serpent d'arrรชter d'avaler mes ล“ufs.

L'homme lui rรฉpondit :
โ€” Qu'est-ce qu'une personne vient faire dans une querelle de serpent et d'oiseau ? Cela ne me concerne pas. Va voir un autre.

L'oiseau s'en alla voir la souris ; celle-ci dressa ses moustaches et se mit debout. Alors l'oiseau lui parla :
โ€” Je voudrais que tu ailles voir la personne pour qu'elle dise au serpent de cesser d'avaler mes ล“ufs ; chaque fois que je ponds un ล“uf, il l'avale.

La souris rรฉpondit :
โ€” Tu sais bien que c'est toujours cachรฉe que je vis dans la case de la personne ; si elle me voit, aussitรดt je meurs. Comment donc irais-je voir la personne pour qu'elle avertisse le serpent ? Va voir un autre, cela ne me concerne pas.

L'oiseau rรฉpliqua :
โ€” Ah ! bon ! d'accord ! Un malheur ne vient jamais seul !

L'oiseau consulta ensuite le lรฉzard et lui dit :
โ€” Nous partageons tous la case, c'est pourquoi je voudrais que tu ailles voir la personne afin qu'elle ordonne au serpent de ne plus avaler mes ล“ufs ; chaque fois que je ponds un ล“uf, il l'avale, chaque fois que je ponds un ล“uf, il l'avale.

Et le lรฉzard rรฉpondit :
โ€” Tu sais que si la personne me voit, c'est ma mort. Elle n'aime pas me voir courir sur ses murs et si par mรฉgarde son regard se pose sur moi, elle me chasse aussitรดt. Comment irai-je donc voir la personne pour lui dire d'avertir le serpent ? Va voir un autre.

L'oiseau dit :
โ€” Ah ! bon ! Puisqu'il en est ainsi, je vais voir un autre.

L'autre dit :
โ€” Oui.

L'oiseau consulta ensuite l'araignรฉe et lui narra toutes les pรฉripรฉties, il enchaรฎna :
โ€” Tous ceux que j'ai envoyรฉs ont refusรฉ, c'est pourquoi je t'envoie dire ร  la personne d'avertir le serpent pour qu'il รฉpargne mes ล“ufs ; chaque fois que je ponds un ล“uf, il l'avale, chaque fois que je ponds un ล“uf, il l'avale.

L'araignรฉe rรฉpondit :
โ€” Moi, je sais que toute toile que je fabrique la nuit dans la case, la personne la dรฉfait quand elle se rรฉveille. Je ne peux donc lui dire de ta part quoi que ce soit. Va voir un autre.

L'oiseau alla voir le chien et lui dit :
โ€” Chien, nous sommes tous dans la case et un malheur ne vient jamais seul ! Je voudrais que tu dises de ma part ร  la personne d'avertir le serpent pour qu'il cesse d'avaler mes ล“ufs car un malheur ne vient jamais seul.

Le chien lui rรฉpondit :
โ€” Moi, je garde la maison de la personne toute la nuit, mais quand son repas est prรชt, c'est un petit os qu'elle me sert ou tout au plus, je n'ai ร  ronger que les restes laissรฉs par les enfants. Elle ne m'รฉcoutera pas.

L'oiseau dit :
โ€” Je vais donc voir l'รขne.

Il lui parla en ces termes :
โ€” ร‚ne, je voudrais t'envoyer dire ร  la personne de dire au serpent de laisser ses ล“ufs car tu sais bien qu'un malheur ne vient jamais seul !

L'รขne lui rรฉpondit :
โ€” Tu sais que la personne m'accable de fardeaux et non contente de cela, elle me frappe avec son bรขton. Et qu'est-ce qu'un รขne vient faire dans une querelle opposant un oiseau et un serpent ? Va voir un autre. Je n'irai pas lui dire quoi que ce soit parce qu'elle ne m'aime pas, elle est mon ennemie.

L'oiseau dit :
โ€” Ah bon ?

L'autre dit :
โ€” Oui.

Il dit :
โ€” ร‡a va, je vous ai tous dit qu'un malheur ne vient jamais seul et que seule la paix prรฉserve le bon voisinage mais puisqu'il en est ainsi, je vais voir le coq.

Il alla trouver le coq, le coq lui dit :
โ€” Moi, la personne, c'est mon chant qui la tire de son sommeil et pourtant quand on pile le mil, quelques grains que les enfants รฉparpillent au bord du mortier constituent ma subsistance ; ou bien encore quand elle reรงoit un รฉtranger, elle ordonne qu'on m'attrape et qu'on m'รฉgorge ; la personne รฉtant mon ennemie, je ne peux aller la voir pour qu'elle arrange une histoire entre le serpent et l'oiseau. ร‡a ne me concerne pas, va voir un autre.

L'oiseau dit :
โ€” C'est bon ! Un malheur ne vient jamais seul et seule la paix prรฉserve le bon voisinage. Je vous ai tous dit d'interdire au serpent d'avaler mes ล“ufs et comme rรฉponse vous dites que cela ne vous concerne pas. Je vais voir le mouton.

L'oiseau dit au mouton :
โ€” Je voudrais que tu ailles voir la personne afin qu'elle avertisse le serpent ร  propos de mes ล“ufs qu'il avale ; chaque fois que je ponds un ล“uf, il l'avale, chaque fois que je ponds un ล“uf, il l'avale, et tu sais qu'un malheur ne vient jamais seul !

Le mouton lui rรฉpondit :
โ€” La personne m'entretient jusqu'ร  ce que je sois gras, m'รฉlรจve jusqu'ร  ce que je devienne grand, me rend familier ร  elle et pourtant quand la fรชte arrive, elle ordonne qu'on m'attrape et qu'on m'รฉgorge. Ce que je peux te dire en peu de mots est qu'une querelle entre une personne, un oiseau et un serpent ne me concerne pas. Va voir un autre.

L'oiseau dit :
โ€” Ah bon ?

L'autre dit :
โ€” Oui.

Il dit :
โ€” D'accord !

L'oiseau, fatiguรฉ de n'รชtre pas รฉcoutรฉ, s'envola tout en haut du grand arbre qui dominait la case. Le ciel commenรงa alors ร  s'assombrir. De lourds nuages noirs s'accumulรจrent et un terrible orage รฉclata.

La pluie se mit ร  tomber, d'abord fine, puis de plus en plus forte, se transformant bientรดt en un vรฉritable dรฉluge. Le vent soufflait en tempรชte. L'oiseau, bien ร  l'abri sous le feuillage รฉpais, regardait la case. Comme personne n'avait voulu s'unir pour rรฉgler le problรจme du serpent et s'occuper de la vie de la maison, le toit de paille commenรงa ร  cรฉder sous le poids de l'eau.

Bientรดt, l'eau monta si haut qu'elle envahit la case. Ce fut une panique gรฉnรฉrale ! La vieille femme, l'รขne, le mouton, le coq et le chien durent s'enfuir en courant sous la pluie battante, trempรฉs et grelottants. La souris, l'araignรฉe et le lรฉzard durent grimper en catastrophe sur les branches pour ne pas รชtre noyรฉs. Quant au serpent, emportรฉ par le courant, il disparut au loin.

La case s'effondra complรจtement, balayรฉe par les eaux du dรฉluge, laissant tous ses habitants sans abri.

Quand la tempรชte se calma enfin, l'oiseau rassembla tout le monde sur une branche et dรฉclara :
โ€” Je prรฉvoyais tout cela, c'est pourquoi je vous ai demandรฉ de l'aide. Chaque fois, vous m'avez rรฉpondu qu'une querelle entre un serpent et un oiseau ne vous concernait pas. Maintenant, vous voyez les consรฉquences : le malheur de l'un est devenu le malheur de tous. Seule la bonne entente prรฉserve le voisinage.

Alors, le conte alla rejoindre la mer et celui qui le huma, entra au paradis.