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LE RETOUR AUX SOURCES

Written by admin on 23 Mai 2026. Posted in Anthologie.

Après avoir traversé la nuit de l'esclavage, les fers de la colonisation et le piège douloureux de l'aliénation culturelle, une lueur s'est levée. L'heure est venue de vous raconter la grande renaissance :

Le retour aux sources.

La pénétration européenne en Afrique ne s'est pas seulement faite par les armes ; elle s'est accompagnée d'une entreprise systématique de rationalisation de la nature. Dans les écoles coloniales, la prose de l'administrateur et le maître d'école exaltaient sans cesse les valeurs héritées du siècle des Lumières : l'ordre, la raison, le progrès. Une tentative d'effacer nos imaginaires au profit d'une logique froide et mécanique.

Mais cette prose a trouvé bien peu d'échos parmi les nôtres ! 🙅🏾‍♂️

Face au déracinement, les poètes de la Négritude ont poussé un cri de ralliement. Ils ont exhorté les Africains à inventorier leurs propres richesses culturelles. Pour eux, nos traditions, nos contes et nos mémoires ne sont pas des vestiges du passé, mais un héritage permanent et le plus sûr rempart contre l'aliénation. La poésie africaine est alors devenue une reconquête : une redécouverte des masques primordiaux et la célébration vibrante de l'Afrique retrouvée !

Et détrompez-vous, mes amis, ce thème du retour vers le passé n'est pas une simple nostalgie. Pour cette première génération de poètes, il exprime l'une des valeurs les plus permanentes et profondes de la poésie africaine : l'adhésion aux valeurs sensibles du cosmos, et le sentiment d'une harmonie totale et charnelle entre l'homme et la nature. 🌲🦉🌌

Le voyage continue, les racines reprennent vie !

L'aliénation culturelle

Written by admin on 23 Mai 2026. Posted in Anthologie.

 
Mais la blessure la plus profonde ne fut pas seulement celle des chaînes, ce fut celle de l'esprit.
Le système colonial a voulu imposer une dépersonnalisation totale, forçant le poète nègre à se vivre comme une pure transparence.
À l'école des Blancs, on apprenait à intérioriser des valeurs occidentales, jusqu'à réciter absurdement "nos ancêtres les Gaulois".
Deux géants vont se lever à Paris pour fracasser ce miroir déformant. D'un côté, le Guyanais 𝑳𝒆́𝒐𝒏-𝑮𝒐𝒏𝒕𝒓𝒂𝒏 𝑫𝒂𝒎𝒂𝒔 avec son poème culte Hoquet, cri d'un enfant étouffé par les bonnes manières d'une bourgeoisie assimilée. De l'autre, la voix d'𝑨𝒊𝒎𝒆́ 𝑪𝒆́𝒔𝒂𝒊𝒓𝒆 dans le Cahier d’un retour au pays natal, peignant la silhouette douloureuse et digne du Vieux Nègre face au mépris.
Écoutez le choc de leur révolte contre le mensonge...
 
1. 𝑯𝒐𝒒𝒖𝒆𝒕
Léon-Gontran Damas (Recueil Pigments, 1937)
Ce poème est l'un des plus célèbres de Damas. Il y dénonce l'éducation bourgeoise et l'assimilation forcée imposée par sa mère, qui voulait effacer ses racines africaines au profit des manières occidentales.
𝐸𝑡 𝑗'𝑎𝑖 𝑏𝑒𝑎𝑢 𝑎𝑣𝑎𝑙𝑒𝑟 𝑠𝑒𝑝𝑡 𝑔𝑜𝑟𝑔𝑒́𝑒𝑠 𝑑'𝑒𝑎𝑢,
𝑡𝑟𝑜𝑖𝑠 𝑎̀ 𝑞𝑢𝑎𝑡𝑟𝑒 𝑓𝑜𝑖𝑠 𝑝𝑎𝑟 𝑣𝑖𝑛𝑔𝑡-𝑞𝑢𝑎𝑡𝑟𝑒 ℎ𝑒𝑢𝑟𝑒𝑠,
𝑚𝑒 𝑟𝑒𝑣𝑖𝑒𝑛𝑡 𝑚𝑜𝑛 𝑒𝑛𝑓𝑎𝑛𝑐𝑒 𝑑𝑎𝑛𝑠 𝑢𝑛 ℎ𝑜𝑞𝑢𝑒𝑡 𝑠𝑒𝑐𝑜𝑢𝑎𝑛𝑡 𝑚𝑜𝑛 𝑖𝑛𝑠𝑡𝑖𝑛𝑐𝑡
𝑡𝑒𝑙 𝑙𝑒 𝑓𝑙𝑖𝑐 𝑙𝑒 𝑣𝑜𝑦𝑜𝑢.
𝐷𝑒́𝑠𝑎𝑠𝑡𝑟𝑒.
𝑝𝑎𝑟𝑙𝑒𝑧-𝑚𝑜𝑖 𝑑𝑢 𝑑𝑒́𝑠𝑎𝑠𝑡𝑟𝑒.
𝑝𝑎𝑟𝑙𝑒𝑧-𝑚'𝑒𝑛.
𝑀𝑎 𝑚𝑒̀𝑟𝑒 𝑣𝑜𝑢𝑙𝑎𝑛𝑡 𝑑'𝑢𝑛 𝑓𝑖𝑙𝑠 𝑡𝑟𝑒̀𝑠 𝑏𝑜𝑛𝑛𝑒𝑠 𝑚𝑎𝑛𝑖𝑒̀𝑟𝑒𝑠 𝑎̀ 𝑡𝑎𝑏𝑙𝑒 :
𝑙𝑒𝑠 𝑚𝑎𝑖𝑛𝑠 𝑠𝑢𝑟 𝑙𝑎 𝑡𝑎𝑏𝑙𝑒,
𝑙𝑒 𝑝𝑎𝑖𝑛 𝑛𝑒 𝑠𝑒 𝑐𝑜𝑢𝑝𝑒 𝑝𝑎𝑠,
𝑙𝑒 𝑝𝑎𝑖𝑛 𝑠𝑒 𝑟𝑜𝑚𝑝𝑡,
𝑙𝑒 𝑝𝑎𝑖𝑛 𝑛𝑒 𝑠𝑒 𝑔𝑎𝑠𝑝𝑖𝑙𝑙𝑒 𝑝𝑎𝑠,
𝑙𝑒 𝑝𝑎𝑖𝑛 𝑑𝑒 𝐷𝑖𝑒𝑢,
𝑙𝑒 𝑝𝑎𝑖𝑛 𝑑𝑒 𝑙𝑎 𝑠𝑢𝑒𝑢𝑟 𝑑𝑢 𝑓𝑟𝑜𝑛𝑡 𝑑𝑒 𝑣𝑜𝑡𝑟𝑒 𝑃𝑒̀𝑟𝑒,
𝑙𝑒 𝑝𝑎𝑖𝑛 𝑑𝑢 𝑝𝑎𝑖𝑛.
𝑈𝑛 𝑜𝑠 𝑠𝑒 𝑚𝑎𝑛𝑔𝑒 𝑎𝑣𝑒𝑐 𝑚𝑒𝑠𝑢𝑟𝑒 𝑒𝑡 𝑑𝑖𝑠𝑐𝑟𝑒́𝑡𝑖𝑜𝑛,
𝑢𝑛 𝑒𝑠𝑡𝑜𝑚𝑎𝑐 𝑑𝑜𝑖𝑡 𝑒̂𝑡𝑟𝑒 𝑠𝑜𝑐𝑖𝑎𝑏𝑙𝑒,
𝑒𝑡 𝑡𝑜𝑢𝑡 𝑒𝑠𝑡𝑜𝑚𝑎𝑐 𝑠𝑜𝑐𝑖𝑎𝑏𝑙𝑒 𝑠𝑒 𝑝𝑎𝑠𝑠𝑒 𝑑𝑒 𝑟𝑜𝑡𝑠.
𝑈𝑛𝑒 𝑓𝑜𝑢𝑟𝑐ℎ𝑒𝑡𝑡𝑒 𝑛'𝑒𝑠𝑡 𝑝𝑎𝑠 𝑢𝑛 𝑐𝑢𝑟𝑒-𝑑𝑒𝑛𝑡𝑠.
𝐷𝑒́𝑓𝑒𝑛𝑠𝑒 𝑑𝑒 𝑠𝑒 𝑚𝑜𝑢𝑐ℎ𝑒𝑟 𝑎𝑢 𝑣𝑢 𝑎𝑢 𝑠𝑢 𝑑𝑒 𝑡𝑜𝑢𝑡 𝑙𝑒 𝑚𝑜𝑛𝑑𝑒,
𝑒𝑡 𝑝𝑢𝑖𝑠 𝑡𝑒𝑛𝑒𝑧-𝑣𝑜𝑢𝑠 𝑑𝑟𝑜𝑖𝑡,
𝑢𝑛 𝑛𝑒𝑧 𝑏𝑖𝑒𝑛 𝑒́𝑙𝑒𝑣𝑒́ 𝑛𝑒 𝑏𝑎𝑙𝑎𝑦𝑒 𝑝𝑎𝑠 𝑙'𝑎𝑠𝑠𝑖𝑒𝑡𝑡𝑒.
𝐸𝑡 𝑝𝑢𝑖𝑠 𝑒𝑡 𝑝𝑢𝑖𝑠,
𝑒𝑡 𝑝𝑢𝑖𝑠 𝑎𝑢 𝑛𝑜𝑚 𝑑𝑢 𝑃𝑒̀𝑟𝑒, 𝑑𝑢 𝐹𝑖𝑙𝑠, 𝑑𝑢 𝑆𝑎𝑖𝑛𝑡-𝐸𝑠𝑝𝑟𝑖𝑡
𝑎̀ 𝑙𝑎 𝑓𝑖𝑛 𝑑𝑒 𝑐ℎ𝑎𝑞𝑢𝑒 𝑟𝑒𝑝𝑎𝑠.
𝐸𝑡 𝑝𝑢𝑖𝑠 𝑒𝑡 𝑝𝑢𝑖𝑠,
𝑒𝑡 𝑝𝑢𝑖𝑠 𝑑𝑒́𝑠𝑎𝑠𝑡𝑟𝑒,
𝑝𝑎𝑟𝑙𝑒𝑧-𝑚𝑜𝑖 𝑑𝑢 𝑑𝑒́𝑠𝑎𝑠𝑡𝑟𝑒,
𝑝𝑎𝑟𝑙𝑒𝑧-𝑚'𝑒𝑛.
𝑀𝑎 𝑚𝑒̀𝑟𝑒 𝑣𝑜𝑢𝑙𝑎𝑛𝑡 𝑑'𝑢𝑛 𝑓𝑖𝑙𝑠 𝑚𝑒́𝑚𝑜𝑟𝑎𝑛𝑑𝑢𝑚 :
𝑠𝑖 𝑣𝑜𝑡𝑟𝑒 𝑙𝑒𝑐̧𝑜𝑛 𝑑'ℎ𝑖𝑠𝑡𝑜𝑖𝑟𝑒 𝑛'𝑒𝑠𝑡 𝑝𝑎𝑠 𝑠𝑢𝑒,
𝑣𝑜𝑢𝑠 𝑛'𝑖𝑟𝑒𝑧 𝑝𝑎𝑠 𝑎̀ 𝑙𝑎 𝑚𝑒𝑠𝑠𝑒 𝑑𝑖𝑚𝑎𝑛𝑐ℎ𝑒 𝑎𝑣𝑒𝑐 𝑣𝑜𝑠 𝑒𝑓𝑓𝑒𝑡𝑠 𝑑𝑒𝑠 𝑑𝑖𝑚𝑎𝑛𝑐ℎ𝑒𝑠.
𝐶𝑒𝑡 𝑒𝑛𝑓𝑎𝑛𝑡 𝑠𝑒𝑟𝑎 𝑙𝑎 ℎ𝑜𝑛𝑡𝑒 𝑑𝑒 𝑛𝑜𝑡𝑟𝑒 𝑛𝑜𝑚,
𝑐𝑒𝑡 𝑒𝑛𝑓𝑎𝑛𝑡 𝑠𝑒𝑟𝑎 𝑛𝑜𝑡𝑟𝑒 𝑛𝑜𝑚 𝑑𝑒 𝐷𝑖𝑒𝑢.
𝑇𝑎𝑖𝑠𝑒𝑧-𝑣𝑜𝑢𝑠.
𝑉𝑜𝑢𝑠 𝑎𝑖-𝑗𝑒 𝑜𝑢 𝑛𝑜𝑛 𝑑𝑖𝑡 𝑞𝑢'𝑖𝑙 𝑣𝑜𝑢𝑠 𝑓𝑎𝑙𝑙𝑎𝑖𝑡 𝑝𝑎𝑟𝑙𝑒𝑟 𝑓𝑟𝑎𝑛𝑐̧𝑎𝑖𝑠,
𝑙𝑒 𝑓𝑟𝑎𝑛𝑐̧𝑎𝑖𝑠 𝑑𝑒 𝐹𝑟𝑎𝑛𝑐𝑒,
𝑙𝑒 𝑓𝑟𝑎𝑛𝑐̧𝑎𝑖𝑠 𝑑𝑢 𝐹𝑟𝑎𝑛𝑐̧𝑎𝑖𝑠,
𝑙𝑒 𝑓𝑟𝑎𝑛𝑐̧𝑎𝑖𝑠 𝑓𝑟𝑎𝑛𝑐̧𝑎𝑖𝑠.
𝐷𝑒́𝑠𝑎𝑠𝑡𝑟𝑒.
𝑝𝑎𝑟𝑙𝑒𝑧-𝑚𝑜𝑖 𝑑𝑢 𝑑𝑒́𝑠𝑎𝑠𝑡𝑟𝑒.
𝑝𝑎𝑟𝑙𝑒𝑧-𝑚'𝑒𝑛.
𝑀𝑎 𝑚𝑒̀𝑟𝑒 𝑣𝑜𝑢𝑙𝑎𝑛𝑡 𝑑'𝑢𝑛 𝑓𝑖𝑙𝑠,
𝑓𝑖𝑙𝑠 𝑑𝑒 𝑠𝑎 𝑚𝑒̀𝑟𝑒.
𝑉𝑜𝑢𝑠 𝑛'𝑎𝑣𝑒𝑧 𝑝𝑎𝑠 𝑠𝑎𝑙𝑢𝑒́ 𝑣𝑜𝑖𝑠𝑖𝑛𝑒,
𝑒𝑛𝑐𝑜𝑟𝑒 𝑣𝑜𝑠 𝑐ℎ𝑎𝑢𝑠𝑠𝑢𝑟𝑒𝑠 𝑑𝑒 𝑠𝑎𝑙𝑒𝑠,
𝑒𝑡 𝑞𝑢𝑒 𝑗𝑒 𝑣𝑜𝑢𝑠 𝑦 𝑟𝑒𝑝𝑟𝑒𝑛𝑛𝑒 𝑑𝑎𝑛𝑠 𝑙𝑎 𝑟𝑢𝑒, 𝑠𝑢𝑟 𝑙'ℎ𝑒𝑟𝑏𝑒 𝑜𝑢 𝑙𝑎 𝑆𝑎𝑣𝑎𝑛𝑒,
𝑎̀ 𝑙'𝑜𝑚𝑏𝑟𝑒 𝑑𝑢 𝑀𝑜𝑛𝑢𝑚𝑒𝑛𝑡 𝑎𝑢𝑥 𝑀𝑜𝑟𝑡𝑠,
𝑎̀ 𝑗𝑜𝑢𝑒𝑟, 𝑎̀ 𝑣𝑜𝑢𝑠 𝑒́𝑏𝑎𝑡𝑡𝑟𝑒 𝑎𝑣𝑒𝑐 𝑈𝑛𝑡𝑒𝑙,
𝑎𝑣𝑒𝑐 𝑈𝑛𝑡𝑒𝑙 𝑞𝑢𝑖 𝑛'𝑎 𝑝𝑎𝑠 𝑟𝑒𝑐̧𝑢 𝑙𝑒 𝑏𝑎𝑝𝑡𝑒̂𝑚𝑒.
𝐷𝑒́𝑠𝑎𝑠𝑡𝑟𝑒.
𝑝𝑎𝑟𝑙𝑒𝑧-𝑚𝑜𝑖 𝑑𝑢 𝑑𝑒́𝑠𝑎𝑠𝑡𝑟𝑒.
𝑝𝑎𝑟𝑙𝑒𝑧-𝑚'𝑒𝑛.
𝑀𝑎 𝑚𝑒̀𝑟𝑒 𝑣𝑜𝑢𝑙𝑎𝑛𝑡 𝑑'𝑢𝑛 𝑓𝑖𝑙𝑠 𝑡𝑟𝑒̀𝑠 𝑑𝑜, 𝑡𝑟𝑒̀𝑠 𝑟𝑒́,
𝑟𝑒́-𝑚𝑖-𝑓𝑎, 𝑠𝑜𝑙-𝑙𝑎-𝑠𝑖, 𝑑𝑜.
𝐼𝑙 𝑚'𝑒𝑠𝑡 𝑟𝑒𝑣𝑒𝑛𝑢 𝑞𝑢𝑒 𝑣𝑜𝑢𝑠 𝑛'𝑒́𝑡𝑖𝑒𝑧 𝑒𝑛𝑐𝑜𝑟𝑒 𝑝𝑎𝑠 𝑎̀ 𝑣𝑜𝑡𝑟𝑒 𝑙𝑒𝑐̧𝑜𝑛 𝑑𝑒 𝑣𝑖𝑜𝑙𝑜𝑛.
𝑈𝑛 𝑏𝑎𝑛𝑗𝑜, 𝑣𝑜𝑢𝑠 𝑑𝑖𝑡𝑒𝑠 𝑢𝑛 𝑏𝑎𝑛𝑗𝑜 ?
𝐶𝑜𝑚𝑚𝑒𝑛𝑡 𝑑𝑖𝑡𝑒𝑠-𝑣𝑜𝑢𝑠, 𝑢𝑛 𝑏𝑎𝑛𝑗𝑜, 𝑣𝑜𝑢𝑠 𝑑𝑖𝑡𝑒𝑠 𝑢𝑛 𝑏𝑎𝑛𝑗𝑜 ?
𝑁𝑜𝑛 𝑚𝑜𝑛𝑠𝑖𝑒𝑢𝑟, 𝑣𝑜𝑢𝑠 𝑠𝑎𝑢𝑟𝑒𝑧 𝑞𝑢'𝑜𝑛 𝑛𝑒 𝑠𝑜𝑢𝑓𝑓𝑟𝑒 𝑐ℎ𝑒𝑧 𝑛𝑜𝑢𝑠
𝑛𝑖 𝑏𝑎𝑛, 𝑛𝑖 𝑗𝑜, 𝑛𝑖 𝑔𝑢𝑖, 𝑛𝑖 𝑡𝑎𝑟𝑒.
𝐿𝑒𝑠 𝑚𝑢𝑙𝑎̂𝑡𝑟𝑒𝑠 𝑛𝑒 𝑓𝑜𝑛𝑡 𝑝𝑎𝑠 𝑐̧𝑎,
𝑙𝑎𝑖𝑠𝑠𝑒 𝑑𝑜𝑛𝑐 𝑐̧𝑎 𝑎𝑢𝑥 𝑛𝑒̀𝑔𝑟𝑒𝑠 !
 
2. 𝑳𝒆 𝑽𝒊𝒆𝒖𝒙 𝑵𝒆̀𝒈𝒓𝒆
Aimé Césaire, (Extrait du "Cahier d'un retour au pays natal", 1939).
Dans cette scène mythique se déroulant dans un tramway parisien, Césaire croise un homme noir misérable. Il décrit d'abord le piège de l'aliénation : pour plaire aux Blancs qui ricanent, le narrateur rit avec eux, reniant son frère de couleur, avant de réaliser la lâcheté absolue de son geste et de s'insurger contre lui-même.
𝐸𝑡 𝑚𝑜𝑖, 𝑒𝑡 𝑚𝑜𝑖,
𝑚𝑜𝑖 𝑞𝑢𝑖 𝑐ℎ𝑎𝑛𝑡𝑎𝑖𝑠 𝑙𝑒 𝑝𝑜𝑖𝑛𝑔 𝑑𝑢𝑟
𝐼𝑙 𝑓𝑎𝑢𝑡 𝑠𝑎𝑣𝑜𝑖𝑟 𝑗𝑢𝑠𝑞𝑢’𝑜𝑢̀ 𝑗𝑒 𝑝𝑜𝑢𝑠𝑠𝑎𝑖 𝑙𝑎 𝑙𝑎̂𝑐ℎ𝑒𝑡𝑒́.
𝑈𝑛 𝑠𝑜𝑖𝑟 𝑑𝑎𝑛𝑠 𝑢𝑛 𝑡𝑟𝑎𝑚𝑤𝑎𝑦 𝑒𝑛 𝑓𝑎𝑐𝑒 𝑑𝑒 𝑚𝑜𝑖, 𝑢𝑛 𝑛𝑒̀𝑔𝑟𝑒.
𝐶’𝑒́𝑡𝑎𝑖𝑡 𝑢𝑛 𝑛𝑒̀𝑔𝑟𝑒 𝑔𝑟𝑎𝑛𝑑 𝑐𝑜𝑚𝑚𝑒 𝑢𝑛 𝑝𝑜𝑛𝑔𝑜 𝑞𝑢𝑖 𝑒𝑠𝑠𝑎𝑦𝑎𝑖𝑡 𝑑𝑒 𝑠𝑒 𝑓𝑎𝑖𝑟𝑒 𝑡𝑜𝑢𝑡 𝑝𝑒𝑡𝑖𝑡 𝑠𝑢𝑟 𝑢𝑛 𝑏𝑎𝑛𝑐 𝑑𝑒 𝑡𝑟𝑎𝑚𝑤𝑎𝑦. 𝐼𝑙 𝑒𝑠𝑠𝑎𝑦𝑎𝑖𝑡 𝑑’𝑎𝑏𝑎𝑛𝑑𝑜𝑛𝑛𝑒𝑟 𝑠𝑢𝑟 𝑐𝑒 𝑏𝑎𝑛𝑐 𝑐𝑟𝑎𝑠𝑠𝑒𝑢𝑥 𝑑𝑒 𝑡𝑟𝑎𝑚𝑤𝑎𝑦 𝑠𝑒𝑠 𝑗𝑎𝑚𝑏𝑒𝑠 𝑔𝑖𝑔𝑎𝑛𝑡𝑒𝑠𝑞𝑢𝑒𝑠 𝑒𝑡 𝑠𝑒𝑠 𝑚𝑎𝑖𝑛𝑠 𝑡𝑟𝑒𝑚𝑏𝑙𝑎𝑛𝑡𝑒𝑠 𝑑𝑒 𝑏𝑜𝑥𝑒𝑢𝑟 𝑎𝑓𝑓𝑎𝑚𝑒́. 𝐸𝑡 𝑡𝑜𝑢𝑡 𝑙’𝑎𝑣𝑎𝑖𝑡 𝑙𝑎𝑖𝑠𝑠𝑒́, 𝑙𝑒 𝑙𝑎𝑖𝑠𝑠𝑎𝑖𝑡. 𝑆𝑜𝑛 𝑛𝑒𝑧 𝑞𝑢𝑖 𝑠𝑒𝑚𝑏𝑙𝑎𝑖𝑡 𝑢𝑛𝑒 𝑝𝑒́𝑛𝑖𝑛𝑠𝑢𝑙𝑒 𝑒𝑛 𝑑𝑒́𝑟𝑎𝑑𝑒 𝑒𝑡 𝑠𝑎 𝑛𝑒́𝑔𝑟𝑖𝑡𝑢𝑑𝑒 𝑚𝑒̂𝑚𝑒 𝑞𝑢𝑖 𝑠𝑒 𝑑𝑒́𝑐𝑜𝑙𝑜𝑟𝑎𝑖𝑡 𝑠𝑜𝑢𝑠 𝑙’𝑎𝑐𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑑’𝑢𝑛𝑒 𝑖𝑛𝑙𝑎𝑠𝑠𝑎𝑏𝑙𝑒 𝑚𝑒́𝑔𝑖𝑒. 𝐸𝑡 𝑙𝑒 𝑚𝑒́𝑔𝑖𝑠𝑠𝑖𝑒𝑟 𝑒́𝑡𝑎𝑖𝑡 𝑙𝑎 𝑀𝑖𝑠𝑒̀𝑟𝑒. 𝑈𝑛 𝑡𝑜𝑢𝑡 𝑔𝑟𝑜𝑠 𝑝𝑛𝑒𝑢 𝑣𝑖𝑜𝑙𝑒𝑡, 𝑙𝑒 𝑝𝑜𝑢𝑐𝑒 𝑑𝑢 𝑚𝑒́𝑔𝑖𝑠𝑠𝑖𝑒𝑟 𝑚𝑎𝑙𝑣𝑒𝑖𝑙𝑙𝑎𝑛𝑡 𝑦 𝑎𝑣𝑎𝑖𝑡 𝑖𝑚𝑝𝑟𝑖𝑚𝑒́ 𝑑’𝑒́𝑝𝑎𝑡𝑎𝑛𝑡𝑒𝑠 𝑑𝑒́𝑓𝑜𝑟𝑚𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛𝑠.
𝐶’𝑒́𝑡𝑎𝑖𝑡 𝑢𝑛 𝑛𝑒̀𝑔𝑟𝑒 𝑑𝑒́𝑔𝑖𝑛𝑔𝑎𝑛𝑑𝑒́ 𝑠𝑎𝑛𝑠 𝑟𝑦𝑡ℎ𝑚𝑒 𝑛𝑖 𝑚𝑒𝑠𝑢𝑟𝑒.
𝑈𝑛 𝑛𝑒̀𝑔𝑟𝑒 𝑑𝑜𝑛𝑡 𝑙𝑒𝑠 𝑦𝑒𝑢𝑥 𝑟𝑜𝑢𝑙𝑎𝑖𝑒𝑛𝑡 𝑢𝑛𝑒 𝑙𝑎𝑠𝑠𝑖𝑡𝑢𝑑𝑒 𝑠𝑎𝑛𝑔𝑢𝑖𝑛𝑜𝑙𝑒𝑛𝑡𝑒.
𝑈𝑛 𝑛𝑒̀𝑔𝑟𝑒 𝑠𝑎𝑛𝑠 𝑝𝑢𝑑𝑒𝑢𝑟 𝑒𝑡 𝑠𝑒𝑠 𝑜𝑟𝑡𝑒𝑖𝑙𝑠 𝑟𝑖𝑐𝑎𝑛𝑎𝑖𝑒𝑛𝑡 𝑑𝑒 𝑓𝑎𝑐̧𝑜𝑛 𝑎𝑠𝑠𝑒𝑧 𝑝𝑢𝑎𝑛𝑡𝑒 𝑎𝑢 𝑓𝑜𝑛𝑑 𝑑𝑒 𝑙𝑎 𝑡𝑎𝑛𝑖𝑒̀𝑟𝑒 𝑒𝑛𝑡𝑟𝑒𝑏𝑎̂𝑖𝑙𝑙𝑒́𝑒 𝑑𝑒 𝑠𝑒𝑠 𝑠𝑜𝑢𝑙𝑖𝑒𝑟𝑠.
𝐿𝑎 𝑚𝑖𝑠𝑒̀𝑟𝑒, 𝑜𝑛 𝑛𝑒 𝑝𝑜𝑢𝑣𝑎𝑖𝑡 𝑝𝑎𝑠 𝑑𝑖𝑟𝑒, 𝑠’𝑒́𝑡𝑎𝑖𝑡 𝑑𝑜𝑛𝑛𝑒́ 𝑢𝑛 𝑚𝑎𝑙 𝑓𝑜𝑢 𝑝𝑜𝑢𝑟 𝑙’𝑎𝑐ℎ𝑒𝑣𝑒𝑟.
𝐸𝑙𝑙𝑒 𝑎𝑣𝑎𝑖𝑡 𝑐𝑟𝑒𝑢𝑠𝑒́ 𝑙’𝑜𝑟𝑏𝑖𝑡𝑒, 𝑒𝑙𝑙𝑒 𝑦 𝑎𝑣𝑎𝑖𝑡 𝑐𝑜𝑢𝑙𝑒́ 𝑢𝑛 𝑓𝑎𝑟𝑑 𝑑𝑒 𝑝𝑒𝑡𝑖𝑡𝑒 𝑛𝑢𝑖𝑡 𝑒𝑡 𝑑𝑒 𝑙𝑎𝑟𝑚𝑒𝑠 𝑔𝑒𝑟𝑐𝑒́𝑒𝑠. 𝐸𝑙𝑙𝑒 𝑎𝑣𝑎𝑖𝑡 𝑑𝑒𝑠𝑠𝑒́𝑐ℎ𝑒́ 𝑙𝑒 𝑡𝑖𝑟𝑜𝑖𝑟 𝑑𝑒𝑠 𝑙𝑒̀𝑣𝑟𝑒𝑠, 𝑒𝑡 𝑑𝑒 𝑙’𝑒́𝑝𝑎𝑖𝑠𝑠𝑒𝑢𝑟 𝑑’𝑢𝑛 𝑖𝑛𝑓𝑖𝑛𝑖 𝑙’𝑎𝑣𝑎𝑖𝑡 𝑑𝑖𝑠𝑡𝑒𝑛𝑑𝑢 ; 𝑒𝑙𝑙𝑒 𝑎𝑣𝑎𝑖𝑡 𝑠𝑐𝑢𝑙𝑝𝑡𝑒́ 𝑢𝑛𝑒 𝑓𝑎𝑐𝑒 𝑑𝑒 𝑛𝑒́𝑎𝑛𝑡, 𝑢𝑛 𝑐𝑟𝑎̂𝑛𝑒 𝑑𝑒 𝑣𝑖𝑒𝑖𝑙𝑙𝑒 ℎ𝑒𝑟𝑏𝑒 𝑓𝑎𝑢𝑐ℎ𝑒́𝑒 ; 𝑒𝑙𝑙𝑒 𝑎𝑣𝑎𝑖𝑡 𝑐𝑜𝑙𝑙𝑒́ 𝑠𝑢𝑟 𝑙𝑒𝑠 𝑑𝑒𝑛𝑡𝑠 𝑙𝑒 𝑣𝑒𝑟𝑛𝑖𝑠 𝑑𝑒 𝑙𝑎 𝑓𝑎𝑖𝑚.
𝑈𝑛 𝑛𝑒̀𝑔𝑟𝑒 𝑒𝑛𝑠𝑒𝑣𝑒𝑙𝑖 𝑑𝑎𝑛𝑠 𝑢𝑛𝑒 𝑣𝑖𝑒𝑖𝑙𝑙𝑒 𝑣𝑒𝑠𝑡𝑒 𝑒́𝑙𝑖𝑚𝑒́𝑒. 𝑈𝑛 𝑛𝑒̀𝑔𝑟𝑒 𝑐𝑜𝑚𝑖𝑞𝑢𝑒 𝑒𝑡 𝑙𝑎𝑖𝑑 𝑒𝑡 𝑑𝑒𝑠 𝑓𝑒𝑚𝑚𝑒𝑠 𝑑𝑒𝑟𝑟𝑖𝑒̀𝑟𝑒 𝑚𝑜𝑖 𝑟𝑖𝑐𝑎𝑛𝑎𝑖𝑒𝑛𝑡 𝑒𝑛 𝑙𝑒 𝑟𝑒𝑔𝑎𝑟𝑑𝑎𝑛𝑡.
𝐼𝑙 𝑒́𝑡𝑎𝑖𝑡 𝐶𝑂𝑀𝐼𝑄𝑈𝐸 𝐸𝑇 𝐿𝐴𝐼𝐷,
𝐶𝑂𝑀𝐼𝑄𝑈𝐸 𝐸𝑇 𝐿𝐴𝐼𝐷 𝑝𝑜𝑢𝑟 𝑠𝑢̂𝑟.
𝐽’𝑎𝑟𝑏𝑜𝑟𝑎𝑖 𝑢𝑛 𝑔𝑟𝑎𝑛𝑑 𝑠𝑜𝑢𝑟𝑖𝑟𝑒 𝑐𝑜𝑚𝑝𝑙𝑖𝑐𝑒…
𝑀𝑎 𝑙𝑎̂𝑐ℎ𝑒𝑡𝑒́ 𝑟𝑒𝑡𝑟𝑜𝑢𝑣𝑒́𝑒 !
𝐽𝑒 𝑠𝑎𝑙𝑢𝑒 𝑙𝑒𝑠 𝑡𝑟𝑜𝑖𝑠 𝑠𝑖𝑒̀𝑐𝑙𝑒𝑠 𝑞𝑢𝑖 𝑠𝑜𝑢𝑡𝑖𝑒𝑛𝑛𝑒𝑛𝑡 𝑚𝑒𝑠 𝑑𝑟𝑜𝑖𝑡𝑠 𝑐𝑖𝑣𝑖𝑞𝑢𝑒𝑠 𝑒𝑡 𝑚𝑜𝑛 𝑠𝑎𝑛𝑔 𝑚𝑖𝑛𝑖𝑚𝑖𝑠𝑒́.

𝑳'𝑶𝑷𝑷𝑹𝑬𝑺𝑺𝑰𝑶𝑵 𝑪𝑶𝑳𝑶𝑵𝑰𝑨𝑳𝑬

Written by admin on 23 Mai 2026. Posted in Anthologie.

 
Après la tragédie des cales négrières, l'Afrique fait face à une nouvelle blessure : le dépeçage du continent à la Conférence de Berlin et l'installation d'un système colonial marqué par l'humiliation et le travail forcé.
Pour chanter cette douleur avec une féroce lucidité, un poète au destin unique se lève : 𝐃𝐚𝐯𝐢𝐝 𝐃𝐢𝐨𝐩. Bien qu'éloigné du continent une grande partie de sa vie, il porte la mémoire de sa terre "comme l'écharde dans la blessure". En 1956, il publie sa réponse poétique aux promesses mutilées de l'Europe.
Écoutez sa plume se faire arme.
𝐋𝐞𝐬 𝐕𝐚𝐮𝐭𝐨𝐮𝐫𝐬
𝐸𝑛 𝑐𝑒 𝑡𝑒𝑚𝑝𝑠-𝑙𝑎̀
𝐴̀ 𝑐𝑜𝑢𝑝𝑠 𝑑𝑒 𝑔𝑢𝑒𝑢𝑙𝑒 𝑑𝑒 𝑐𝑖𝑣𝑖𝑙𝑖𝑠𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛
𝐴̀ 𝑐𝑜𝑢𝑝𝑠 𝑑'𝑒𝑎𝑢 𝑏𝑒́𝑛𝑖𝑡𝑒 𝑠𝑢𝑟 𝑙𝑒𝑠 𝑓𝑟𝑜𝑛𝑡𝑠 𝑑𝑜𝑚𝑒𝑠𝑡𝑖𝑞𝑢𝑒́𝑠
𝐿𝑒𝑠 𝑣𝑎𝑢𝑡𝑜𝑢𝑟𝑠 𝑐𝑜𝑛𝑠𝑡𝑟𝑢𝑖𝑠𝑎𝑖𝑒𝑛𝑡 𝑎̀ 𝑙'𝑜𝑚𝑏𝑟𝑒 𝑑𝑒 𝑙𝑒𝑢𝑟𝑠 𝑠𝑒𝑟𝑟𝑒𝑠
𝐿𝑒 𝑠𝑎𝑛𝑔𝑙𝑎𝑛𝑡 𝑚𝑜𝑛𝑢𝑚𝑒𝑛𝑡 𝑑𝑒 𝑙'𝑒̀𝑟𝑒 𝑡𝑢𝑡𝑒́𝑙𝑎𝑖𝑟𝑒
𝐸𝑛 𝑐𝑒 𝑡𝑒𝑚𝑝𝑠-𝑙𝑎̀
𝐿𝑒𝑠 𝑟𝑖𝑟𝑒𝑠 𝑎𝑔𝑜𝑛𝑖𝑠𝑎𝑖𝑒𝑛𝑡 𝑑𝑎𝑛𝑠 𝑙'𝑒𝑛𝑓𝑒𝑟 𝑚𝑒́𝑡𝑎𝑙𝑙𝑖𝑞𝑢𝑒 𝑑𝑒𝑠 𝑟𝑜𝑢𝑡𝑒𝑠
𝐸𝑡 𝑙𝑒 𝑟𝑦𝑡ℎ𝑚𝑒 𝑚𝑜𝑛𝑜𝑡𝑜𝑛𝑒 𝑑𝑒𝑠 𝑃𝑎𝑡𝑒𝑟-𝑁𝑜𝑠𝑡𝑒𝑟
𝐶𝑜𝑢𝑣𝑟𝑎𝑖𝑡 𝑙𝑒𝑠 ℎ𝑢𝑟𝑙𝑒𝑚𝑒𝑛𝑡𝑠 𝑑𝑒𝑠 𝑝𝑙𝑎𝑛𝑡𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛𝑠 𝑎̀ 𝑝𝑟𝑜𝑓𝑖𝑡
𝑂̂ 𝑙𝑒 𝑠𝑜𝑢𝑣𝑒𝑛𝑖𝑟 𝑎𝑐𝑖𝑑𝑒 𝑑𝑒𝑠 𝑏𝑎𝑖𝑠𝑒𝑟𝑠 𝑎𝑟𝑟𝑎𝑐ℎ𝑒́𝑠
𝐿𝑒𝑠 𝑝𝑟𝑜𝑚𝑒𝑠𝑠𝑒𝑠 𝑚𝑢𝑡𝑖𝑙𝑒́𝑒𝑠 𝑎𝑢 𝑐ℎ𝑜𝑐 𝑑𝑒𝑠 𝑚𝑖𝑡𝑟𝑎𝑖𝑙𝑙𝑒𝑢𝑠𝑒𝑠
𝐻𝑜𝑚𝑚𝑒𝑠 𝑒́𝑡𝑟𝑎𝑛𝑔𝑒𝑠 𝑞𝑢𝑖 𝑛'𝑒́𝑡𝑖𝑒𝑧 𝑝𝑎𝑠 𝑑𝑒𝑠 ℎ𝑜𝑚𝑚𝑒𝑠
𝑉𝑜𝑢𝑠 𝑠𝑎𝑣𝑖𝑒𝑧 𝑡𝑜𝑢𝑠 𝑙𝑒𝑠 𝑙𝑖𝑣𝑟𝑒𝑠 𝑣𝑜𝑢𝑠 𝑛𝑒 𝑠𝑎𝑣𝑖𝑒𝑧 𝑝𝑎𝑠 𝑙'𝑎𝑚𝑜𝑢𝑟
𝐸𝑡 𝑙𝑒𝑠 𝑚𝑎𝑖𝑛𝑠 𝑞𝑢𝑖 𝑓𝑒́𝑐𝑜𝑛𝑑𝑒𝑛𝑡 𝑙𝑒 𝑣𝑒𝑛𝑡𝑟𝑒 𝑑𝑒 𝑙𝑎 𝑡𝑒𝑟𝑟𝑒
𝐿𝑒𝑠 𝑟𝑎𝑐𝑖𝑛𝑒𝑠 𝑑𝑒 𝑛𝑜𝑠 𝑚𝑎𝑖𝑛𝑠 𝑝𝑟𝑜𝑓𝑜𝑛𝑑𝑒𝑠 𝑐𝑜𝑚𝑚𝑒 𝑙𝑎 𝑟𝑒́𝑣𝑜𝑙𝑡𝑒
𝑀𝑎𝑙𝑔𝑟𝑒́ 𝑣𝑜𝑠 𝑐ℎ𝑎𝑛𝑡𝑠 𝑑'𝑜𝑟𝑔𝑢𝑒𝑖𝑙 𝑎𝑢 𝑚𝑖𝑙𝑖𝑒𝑢 𝑑𝑒𝑠 𝑐ℎ𝑎𝑟𝑛𝑖𝑒𝑟𝑠
𝐿𝑒𝑠 𝑣𝑖𝑙𝑙𝑎𝑔𝑒𝑠 𝑑𝑒́𝑠𝑜𝑙𝑒́𝑠 𝑙'𝐴𝑓𝑟𝑖𝑞𝑢𝑒 𝑒́𝑐𝑎𝑟𝑡𝑒𝑙𝑒́𝑒
𝐿'𝑒𝑠𝑝𝑜𝑖𝑟 𝑣𝑖𝑣𝑎𝑖𝑡 𝑒𝑛 𝑛𝑜𝑢𝑠 𝑐𝑜𝑚𝑚𝑒 𝑢𝑛𝑒 𝑐𝑖𝑡𝑎𝑑𝑒𝑙𝑙𝑒
𝐸𝑡 𝑑𝑒𝑠 𝑚𝑖𝑛𝑒𝑠 𝑑𝑢 𝑆𝑜𝑢𝑎𝑧𝑖𝑙𝑎𝑛𝑑 𝑎̀ 𝑙𝑎 𝑠𝑢𝑒𝑢𝑟 𝑙𝑜𝑢𝑟𝑑𝑒 𝑑𝑒𝑠
[𝑢𝑠𝑖𝑛𝑒𝑠 𝑑'𝐸𝑢𝑟𝑜𝑝𝑒
𝐿𝑒 𝑝𝑟𝑖𝑛𝑡𝑒𝑚𝑝𝑠 𝑝𝑟𝑒𝑛𝑑𝑟𝑎 𝑐ℎ𝑎𝑖𝑟 𝑠𝑜𝑢𝑠 𝑛𝑜𝑠 𝑝𝑎𝑠 𝑑𝑒 𝑐𝑙𝑎𝑟𝑡𝑒́.
 
David Diop nous annonce déjà la fin de la nuit coloniale. Il nous promet que malgré la souffrance, le printemps va renaître. Et ce printemps, mes enfants, ce sera le cri de ralliement de tout un peuple marchant vers la liberté et les Indépendances !
 
Les Vautours est extrait de Coups de pilon
 Éditions Présence Africaine

𝐓𝐫𝐚𝐢𝐭𝐞 𝐧𝐞́𝐠𝐫𝐢𝐞̀𝐫𝐞, 𝐬𝐮𝐢𝐭𝐞...

Written by admin on 22 Mai 2026. Posted in Anthologie.

 
𝑸𝒖𝒂𝒏𝒅 𝑪𝒆́𝒔𝒂𝒊𝒓𝒆 𝒃𝒓𝒊𝒔𝒆 𝒍'𝒐𝒖𝒃𝒍𝒊
Cette "volonté impérissable" que chantait Hayden, elle va trouver son écho le plus puissant chez un jeune étudiant antillais arrivé à Paris. Son nom ? 𝑨𝒊𝒎𝒆́ 𝑪𝒆́𝒔𝒂𝒊𝒓𝒆.
En 1939, alors que l’Europe s’apprête à sombrer dans la guerre, Césaire publie les premiers fragments d'un séisme littéraire : le 𝘾𝙖𝙝𝙞𝙚𝙧 𝙙’𝙪𝙣 𝙧𝙚𝙩𝙤𝙪𝙧 𝙖𝙪 𝙥𝙖𝙮𝙨 𝙣𝙖𝙩𝙖𝙡. Pour lui, l'écriture n'est pas un jeu. C’est une "descente aux enfers" pour affronter le passé, une tragédie classique où l’homme noir, aliéné par des siècles de mensonge colonial et d'assimilation, décide enfin de relever la tête pour manifester sa négritude retrouvée.
Voilà comment Césaire répond à la traite négrière. Écoutez ce cri de colère et de vérité qui déchire les siècles de silence :
𝐸𝑡 𝑐𝑒 𝑝𝑎𝑦𝑠 𝑐𝑟𝑖𝑎 𝑝𝑒𝑛𝑑𝑎𝑛𝑡 𝑑𝑒𝑠 𝑠𝑖𝑒̀𝑐𝑙𝑒𝑠 𝑞𝑢𝑒 𝑛𝑜𝑢𝑠 𝑠𝑜𝑚𝑚𝑒𝑠
𝑑𝑒𝑠 𝑏𝑒̂𝑡𝑒𝑠 𝑏𝑟𝑢𝑡𝑒𝑠 ; 𝑞𝑢𝑒 𝑙𝑒𝑠 𝑝𝑢𝑙𝑠𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛𝑠 𝑑𝑒 𝑙'ℎ𝑢𝑚𝑎𝑛𝑖𝑡𝑒́
𝑠'𝑎𝑟𝑟𝑒̂𝑡𝑒𝑛𝑡 𝑎𝑢𝑥 𝑝𝑜𝑟𝑡𝑒𝑠 𝑑𝑒 𝑙𝑎 𝑛𝑒́𝑔𝑟𝑒𝑟𝑖𝑒 ; 𝑞𝑢𝑒 𝑛𝑜𝑢𝑠 𝑠𝑜𝑚𝑚𝑒𝑠 𝑢𝑛
𝑓𝑢𝑚𝑖𝑒𝑟 𝑎𝑚𝑏𝑢𝑙𝑎𝑛𝑡 ℎ𝑖𝑑𝑒𝑢𝑠𝑒𝑚𝑒𝑛𝑡 𝑝𝑟𝑜𝑚𝑒𝑡𝑡𝑒𝑢𝑟 𝑑𝑒 𝑐𝑎𝑛𝑛𝑒𝑠
𝑡𝑒𝑛𝑑𝑟𝑒𝑠 𝑒𝑡 𝑑𝑒 𝑐𝑜𝑡𝑜𝑛 𝑠𝑜𝑦𝑒𝑢𝑥 𝑒𝑡 𝑙'𝑜𝑛 𝑛𝑜𝑢𝑠 𝑚𝑎𝑟𝑞𝑢𝑎𝑖𝑡 𝑎𝑢 𝑓𝑒𝑟
𝑟𝑜𝑢𝑔𝑒 𝑒𝑡 𝑛𝑜𝑢𝑠 𝑑𝑜𝑟𝑚𝑖𝑜𝑛𝑠 𝑑𝑎𝑛𝑠 𝑛𝑜𝑠 𝑒𝑥𝑐𝑟𝑒́𝑚𝑒𝑛𝑡𝑠 𝑒𝑡 𝑙'𝑜𝑛
𝑛𝑜𝑢𝑠 𝑣𝑒𝑛𝑑𝑎𝑖𝑡 𝑠𝑢𝑟 𝑙𝑒𝑠 𝑝𝑙𝑎𝑐𝑒𝑠 𝑒𝑡 𝑙'𝑎𝑢𝑛𝑒 𝑑𝑒 𝑑𝑟𝑎𝑝 𝑎𝑛𝑔𝑙𝑎𝑖𝑠 𝑒𝑡 𝑙𝑎
𝑣𝑖𝑎𝑛𝑑𝑒 𝑠𝑎𝑙𝑒́𝑒 𝑑'𝐼𝑟𝑙𝑎𝑛𝑑𝑒 𝑐𝑜𝑢̂𝑡𝑎𝑖𝑒𝑛𝑡 𝑚𝑜𝑖𝑛𝑠 𝑐ℎ𝑒𝑟 𝑞𝑢𝑒 𝑛𝑜𝑢𝑠, 𝑒𝑡
𝑐𝑒 𝑝𝑎𝑦𝑠 𝑒́𝑡𝑎𝑖𝑡 𝑐𝑎𝑙𝑚𝑒, 𝑡𝑟𝑎𝑛𝑞𝑢𝑖𝑙𝑙𝑒, 𝑑𝑖𝑠𝑎𝑛𝑡 𝑞𝑢𝑒 𝑙'𝑒𝑠𝑝𝑟𝑖𝑡 𝑑𝑒
𝐷𝑖𝑒𝑢 𝑒́𝑡𝑎𝑖𝑡 𝑑𝑎𝑛𝑠 𝑠𝑒𝑠 𝑎𝑐𝑡𝑒𝑠.
𝑁𝑜𝑢𝑠 𝑣𝑜𝑚𝑖𝑠𝑠𝑢𝑟𝑒 𝑑𝑒 𝑛𝑒́𝑔𝑟𝑖𝑒𝑟
𝑁𝑜𝑢𝑠 𝑣𝑒́𝑛𝑒𝑟𝑖𝑒 𝑑𝑒𝑠 𝐶𝑎𝑙𝑎𝑏𝑎𝑟𝑠
𝑄𝑢𝑜𝑖 ? 𝑆𝑒 𝑏𝑜𝑢𝑐ℎ𝑒𝑟 𝑙𝑒𝑠 𝑜𝑟𝑒𝑖𝑙𝑙𝑒𝑠 ?
𝑁𝑜𝑢𝑠, 𝑠𝑜𝑢̂𝑙𝑒́𝑠 𝑎̀ 𝑐𝑟𝑒𝑣𝑒𝑟 𝑑𝑒 𝑟𝑜𝑢𝑙𝑖𝑠, 𝑑𝑒 𝑟𝑖𝑠𝑒́𝑒𝑠, 𝑑𝑒 𝑏𝑟𝑢𝑚𝑒 ℎ𝑢𝑚𝑒́𝑒 !
𝑃𝑎𝑟𝑑𝑜𝑛 𝑡𝑜𝑢𝑟𝑏𝑖𝑙𝑙𝑜𝑛 𝑝𝑎𝑟𝑡𝑒𝑛𝑎𝑖𝑟𝑒 !
𝐽'𝑒𝑛𝑡𝑒𝑛𝑑𝑠 𝑑𝑒 𝑙𝑎 𝑐𝑎𝑙𝑒 𝑚𝑜𝑛𝑡𝑒𝑟 𝑙𝑒𝑠 𝑚𝑎𝑙𝑒́𝑑𝑖𝑐𝑡𝑖𝑜𝑛𝑠 𝑒𝑛𝑐ℎ𝑎𝑖̂𝑛𝑒́𝑒𝑠,
𝑙𝑒𝑠 ℎ𝑜𝑞𝑢𝑒𝑡𝑡𝑒𝑚𝑒𝑛𝑡𝑠 𝑑𝑒𝑠 𝑚𝑜𝑢𝑟𝑎𝑛𝑡𝑠, 𝑙𝑒 𝑏𝑟𝑢𝑖𝑡 𝑑'𝑢𝑛 𝑞𝑢'𝑜𝑛
𝑗𝑒𝑡𝑡𝑒 𝑎̀ 𝑙𝑎 𝑚𝑒𝑟... 𝑙𝑒𝑠 𝑎𝑏𝑜𝑖𝑠 𝑑'𝑢𝑛𝑒 𝑓𝑒𝑚𝑚𝑒 𝑒𝑛 𝑔𝑒́𝑠𝑖𝑛𝑒... 𝑑𝑒𝑠
𝑟𝑎𝑐𝑙𝑒𝑚𝑒𝑛𝑡𝑠 𝑑'𝑜𝑛𝑔𝑙𝑒𝑠 𝑐ℎ𝑒𝑟𝑐ℎ𝑎𝑛𝑡 𝑑𝑒𝑠 𝑔𝑜𝑟𝑔𝑒𝑠... 𝑑𝑒𝑠
𝑟𝑖𝑐𝑎𝑛𝑒𝑚𝑒𝑛𝑡𝑠 𝑑𝑒 𝑓𝑜𝑢𝑒𝑡... 𝑑𝑒𝑠 𝑓𝑎𝑟𝑓𝑜𝑢𝑖𝑙𝑙𝑖𝑠 𝑑𝑒 𝑣𝑒𝑟𝑚𝑖𝑛𝑒 𝑝𝑎𝑟𝑚𝑖
𝑙𝑒𝑠 𝑙𝑎𝑠𝑠𝑖𝑡𝑢𝑑𝑒𝑠...
𝑅𝑖𝑒𝑛 𝑛𝑒 𝑝𝑢𝑡 𝑛𝑜𝑢𝑠 𝑖𝑛𝑠𝑢𝑟𝑔𝑒𝑟 𝑗𝑎𝑚𝑎𝑖𝑠 𝑣𝑒𝑟𝑠 𝑞𝑢𝑒𝑙𝑞𝑢𝑒 𝑛𝑜𝑏𝑙𝑒
𝑎𝑣𝑒𝑛𝑡𝑢𝑟𝑒 𝑑𝑒́𝑠𝑒𝑠𝑝𝑒́𝑟𝑒́𝑒.
𝐴𝑖𝑛𝑠𝑖 𝑠𝑜𝑖𝑡-𝑖𝑙. 𝐴𝑖𝑛𝑠𝑖 𝑠𝑜𝑖𝑡-𝑖𝑙.
𝐽𝑒 𝑛𝑒 𝑠𝑢𝑖𝑠 𝑑'𝑎𝑢𝑐𝑢𝑛𝑒 𝑛𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛𝑎𝑙𝑖𝑡𝑒́ 𝑝𝑟𝑒́𝑣𝑢𝑒 𝑝𝑎𝑟 𝑙𝑒𝑠 𝑐ℎ𝑎𝑛𝑐𝑒𝑙𝑙𝑒𝑟𝑖𝑒𝑠.
𝐽𝑒 𝑑𝑒́𝑓𝑖𝑒 𝑙𝑒 𝑐𝑟𝑎𝑛𝑖𝑜𝑚𝑒̀𝑡𝑟𝑒. 𝐻𝑜𝑚𝑜 𝑠𝑢𝑚, 𝑒𝑡𝑐.
𝐸𝑡 𝑞𝑢'𝑖𝑙𝑠 𝑠𝑒𝑟𝑣𝑒𝑛𝑡 𝑒𝑡 𝑡𝑟𝑎ℎ𝑖𝑠𝑠𝑒𝑛𝑡 𝑒𝑡 𝑚𝑒𝑢𝑟𝑒𝑛𝑡. 𝐴𝑖𝑛𝑠𝑖 𝑠𝑜𝑖𝑡-𝑖𝑙.
𝐴𝑖𝑛𝑠𝑖 𝑠𝑜𝑖𝑡-𝑖𝑙. 𝐶'𝑒́𝑡𝑎𝑖𝑡 𝑒́𝑐𝑟𝑖𝑡 𝑑𝑎𝑛𝑠 𝑙𝑎 𝑓𝑜𝑟𝑚𝑒 𝑑𝑒 𝑙𝑒𝑢𝑟 𝑏𝑎𝑠𝑠𝑖𝑛.
Césaire refuse de fermer les yeux. Il jette à la face du monde le prix d'un esclave, "moins cher qu'un drap anglais ou qu'une viande salée d'Irlande". Il nous fait entendre les "malédictions enchaînées" et les "ricanements de fouet" qui montent encore du fond de la mémoire.
Mais en disant cela, en criant cette vérité, il relève notre dignité. Il défie la fausse science des colons, il défie leur "craniomètre" ! Par ce poème, l'homme noir cesse d'être une marchandise au service de la canne à sucre ou du coton. Il redevient Homo sum : un Homme, debout.
La blessure est nommée, le cri est lâché. La poésie devient l'arme de notre libération. Et c'est ce souffle épique qui va maintenant guider nos pas vers le combat des indépendances...

La souffrance

Written by admin on 22 Mai 2026. Posted in Anthologie.

𝑫𝒆𝒔 𝒄𝒂𝒍𝒆𝒔 𝒏𝒆́𝒈𝒓𝒊𝒆̀𝒓𝒆𝒔 𝒂𝒖𝒙 𝒄𝒉𝒂𝒊̂𝒏𝒆𝒔 𝒄𝒐𝒍𝒐𝒏𝒊𝒂𝒍𝒆𝒔
Il faut d’abord écouter le silence de nos ancêtres, regarder en face ce que l'écrivain Mongo Beti a appelé "𝒍’𝒉𝒂𝒃𝒊𝒕𝒖𝒅𝒆 𝒅𝒖 𝒎𝒂𝒍𝒉𝒆𝒖𝒓". Car tout commence au XVIIe siècle, lorsque l’Afrique est déchirée par la pratique du "commerce triangulaire". Sa mémoire hante encore l'esprit de nos poètes. Des millions des nôtres sont alors pourchassés, capturés et jetés dans l’obscurité sans fin des cales. Leur destination ? L'enfer de l'esclavage.
Et même lorsque sonne l’abolition de 1848, la blessure ne guérit pas. En 1885, à la lointaine Conférence de Berlin, l'Europe se partage froidement notre continent, ouvrant l'ère douloureuse de la colonisation, de la perte de notre Histoire et du travail forcé.
C'est de cette immense nuit qu’est né le besoin vital de briser le silence, de crier notre douleur pour pouvoir renaître.
Pour que l'on puisse ressentir la vérité de ce voyage maudit, voici ce témoignage terrible et magnifique. C'est extrait de l'œuvre du grand poète 𝑹𝒐𝒃𝒆𝒓𝒕 𝑯𝒂𝒚𝒅𝒆𝒏, venu des États-Unis, traduite pour nous par Sim Copans.
𝐋𝐚 𝐓𝐫𝐚𝐯𝐞𝐫𝐬𝐞́𝐞
Le témoin déclare en outre que le Belle J.
quitta la côte de Guinée
avec une cargaison de cinq cents et quelques noirs
pour les négreries de Floride :
Qu'il y avait à peine la place dans l'entrepont pour la
moitié du bétail en nage serré comme des harengs ;
que certains devinrent fous de soif et arrachèrent leur
chair et sucèrent le sang :
Que l'équipage et le Capitaine satisfirent leur
convoitise avec les plus jolies des filles sauvages gardées
nues dans les cabines ; qu'il y en avait une qu'ils
nommèrent la Rose de Guinée et qu'ils tirèrent au sort
et se battirent pour coucher avec elle ;
Que quand le maître d'équipage siffla tout le monde,
les flammes se répandant de tribord échappèrent déjà à
tout contrôle, les nègres criaient et leurs chaînes
étaient empêtrées dans les flammes ;
Que les noirs brûlants ne pouvaient être atteints,
que l'équipage abandonna le navire,
laissant leurs négresses hurlantes ;
que le Capitaine périt saoul avec les jeunes femmes ;
Le témoin n'ajoute pas autre chose....
 
C'est de là, du fond de ce gouffre que l'étincelle de la poésie va jaillir pour reconquérir notre liberté...

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