๐ซ๐๐๐ ๐๐๐๐๐๐๐๐๐ ๐๐๐๐ ๐๐๐ ๐๐๐๐-๐๐๐๐๐๐
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๐๐ถ๐ช ๐ฎ๐ฆ๐ฏ๐ต, ๐ฒ๐ถ๐ช ๐ด๐ฆ ๐ฎ๐ฐ๐ฒ๐ถ๐ฆ ๐ฐ๐ถ ๐ฒ๐ถ๐ช ๐ฎ๐ข๐ฏ๐จ๐ฆ ๐ด๐ฆ๐ถ๐ญ ๐ง๐ช๐ฏ๐ช๐ต ๐ฑ๐ข๐ณ ๐ฑ๐ฆ๐ณ๐ฅ๐ณ๐ฆ ๐ต๐ฐ๐ถ๐ด ๐ด๐ฆ๐ด ๐ข๐ฎ๐ช๐ด.
C'est ce qui arriva un jour ร quatre bรชtes de la brousse : le Singe et le Camรฉlรฉon, l'Abeille et le Crapaud. Ils รฉtaient amis, autrefois.
Mais voici leurs histoires...
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๐๐ฒ ๐ฆ๐ถ๐ป๐ด๐ฒ ๐ฒ๐ ๐น๐ฒ ๐๐ฎ๐บ๐ฒฬ๐น๐ฒฬ๐ผ๐ป
Un jour, le Singe gambadait sur un sentier. Il aperรงut le Camรฉlรฉon, immobile contre une termitiรจre.
โ Bonjour, oncle Camรฉlรฉon ! Comment รงa va ? demanda le Singe d'une voix gentille.
Le Camรฉlรฉon, qui aimait la solitude, rรฉpondit poliment :
โ Je vais trรจs bien, merci.
Mais le Singe รฉtait curieux. Il s'approcha tout prรจs et demanda :
โ Oรน vas-tu, mon oncle ?
โ Je vais ร Ndoubรฉlane, rรฉpondit le Camรฉlรฉon.
Le Singe, qui n'aimait pas rester seul, dit :
โ Eh bien ! Je t'accompagne. Je m'adapterai ร ton allure.
Ils partirent donc ensemble. Mais quel drรดle de voyage ! Le Singe sautillait partout, devant, derriรจre, ร droite, ร gauche. Le Camรฉlรฉon, lui, avanรงait lentement, balanรงant sa tรชte, tรขtant l'air, comme s'il cherchait des รฉpines sous ses pieds.
Le soleil tapait trรจs fort. Ils s'arrรชtรจrent ร l'ombre d'un palmier. Le Singe, qui รฉtait curieux et gourmand, monta tout en haut et but tout le vin de palme qui รฉtait dans une gourde. Quand il redescendit, il dit simplement :
โ Ce vin รฉtait dรฉlicieux. Continuons !
Mais bientรดt, le propriรฉtaire du champs de palmier, arriva, furieux. Il avait trouvรฉ sa gourde brisรฉe et son vin bu.
โ Qui a volรฉ mon vin ? demanda-t-il en colรจre.
Le Camรฉlรฉon se tut. Il ne voulait pas accuser son compagnon. ๐ช๐๐ ๐๐ ๐๐๐ ๐๐ฬ๐๐๐๐๐๐๐ ๐๐ ๐
๐ฬ๐๐๐๐๐ ๐๐๐ ๐๐๐ ๐๐๐, ๐๐ฬ๐๐ ๐๐๐๐๐
๐๐ ๐ ๐๐๐๐.
Mais le Singe, lui, tendit son doigt vers le Camรฉlรฉon et dit :
โ C'est lui ! C'est le Camรฉlรฉon !
Le Camรฉlรฉon ouvrit de grands yeux :
โ Mais c'est toi qui l'as bu !
โ Nous allons marcher tous les deux, dit le Singe. Tu verras bien que c'est celui qui titube qui est ivre.
Et le Singe marcha bien droit, bien ferme. Puis il dit au Camรฉlรฉon :
โ Marche, toi, si tu n'as pas bu. Un ivrogne ne peut se cacher ! !
Le pauvre Camรฉlรฉon avanรงa... et se mit ร tituber, comme tous les camรฉlรฉons du monde, qui ont toujours une dรฉmarche hรฉsitante.
On attrapa le Camรฉlรฉon et le battit. Puis l'homme le laissa, en disant :
โ Si tu n'es pas mort, remercie ton camarade !
Le Singe et le Camรฉlรฉon reprirent leur route en silence. Mais le cลur du Camรฉlรฉon รฉtait lourd. Il avait froid, non pas ร cause du vent, mais ร cause de la mรฉchancetรฉ du Singe. Car un mensonge blesse plus qu'un bรขton, et la trahison est une plaie qui ne guรฉrit pas.
Arrivรฉs prรจs des champs de Ndoubรฉlane, le Camรฉlรฉon dit :
โ J'ai froid. Je vais mettre le feu ร ce champ pour me rรฉchauffer.
Le Singe s'รฉcria :
โ Non ! Surtout pas !
Mais le Camรฉlรฉon alla chercher un tison et brรปla un coin du champ. Les gens de Ndoubรฉlane accoururent, furieux :
โ Qui a mis le feu ?
โ Je ne sais pas, dit le Camรฉlรฉon. J'ai vu la flamme et je suis venu voir.
Puis il se tourna vers le Singe et dit :
โ Montre tes mains, Singe. Celui qui a mis le feu doit avoir les mains noires.
Le Singe tendit ses mains : elles รฉtaient noires, comme celles de tous les singes. Le Camรฉlรฉon tendit les siennes : elles รฉtaient blanches et propres.
โ Regardez ! triompha le Camรฉlรฉon. L'incendiaire ne peut se cacher !
On attrapa le Singe, qui reรงut une belle correction. Car celui qui tend un piรจge ร son voisin finit souvent par y tomber lui-mรชme.
๐ฌ๐ ๐
๐๐๐๐๐ ๐๐ ๐๐๐๐-๐๐ฬ, ๐๐ ๐บ๐๐๐๐ ๐๐ ๐๐ ๐ช๐๐๐ฬ๐๐ฬ๐๐ ๐๐ ๐๐ ๐๐๐๐๐๐๐ ๐๐๐๐.
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๐'๐ฎ๐ฏ๐ฒ๐ถ๐น๐น๐ฒ ๐ฒ๐ ๐น๐ฒ ๐ฐ๐ฟ๐ฎ๐ฝ๐ฎ๐๐ฑ
Pendant ce temps, bien loin de lร , le petit crapaud sautillait sur le chemin du marigot. Lui aussi aimait beaucoup parler. Il saluait tout le monde : ceux qui volent, ceux qui rampent, ceux qui marchent. Il รฉtait poli et curieux.
Un jour, l'abeille l'invita ร manger chez elle.
โ Viens demain, crapaud, nous partagerons mon repas ! dit-elle.
Le crapaud รฉtait trรจs content. Le lendemain, il sautilla joyeusement jusqu'ร la maison de l'abeille.
โ Bonjour, abeille ! salua-t-il poliment.
โ Bonjour ! rรฉpondit l'abeille. Approche, crapaud !
Le Crapaud s'approcha de la calebasse pleine de miel. Il tendit la main pour prendre un peu de ce bon repas. Mais l'abeille l'arrรชta :
โ Oh ! Mais tu ne peux pas manger avec une main aussi sale ! Va donc te laver au marigot !
Le Crapaud, qui รฉtait bien รฉlevรฉ, partit aussitรดt. Il sauta jusqu'au marigot, se lava les mains et revint.
Mais l'Abeille lui dit encore :
โ Elles sont encore plus sales qu'avant, tes mains ! Retourne les laver !
Le crapaud repartit. Puis il revint. Et l'abeille lui dit la mรชme chose. Il repartit encore, et revint encore.
Il fit ainsi sept fois le chemin. ร chaque fois, ses mains รฉtaient sales ร cause de la boue du sentier. ร chaque fois, l'abeille lui disait :
โ Va les laver !
Quand il revint de son septiรจme voyage, la calebasse รฉtait vide. L'abeille avait tout mangรฉ pendant qu'il allait et venait.
Le crapaud comprit alors qu'elle s'รฉtait moquรฉe de lui.
๐๐ ๐๐๐๐ ๐๐๐๐ ๐๐๐๐ ๐ ๐ ๐๐๐ข๐ ๐๐ข'๐ข๐ ๐๐ฬ๐ก๐๐, ๐๐ก ๐๐ ๐๐๐๐ข๐๐๐๐ ๐๐ ๐ก ๐ข๐๐ ๐๐๐๐๐ ๐๐ข๐ ๐๐ ๐๐ข๐ฬ๐๐๐ก ๐๐๐ . Mais il fut tout de mรชme poli. Il dit :
โ Passe la journรฉe en paix, abeille.
Et il s'en retourna chez lui, tout triste, dans son vieux canari.
Des jours passรจrent. Le crapaud avait beaucoup appris, auprรจs des grands et des vieux. Un jour, il dit ร l'abeille :
โ Viens donc manger chez moi, abeille. Nous partagerons mon repas.
L'abeille accepta. Le surlendemain, elle arriva chez le Crapaud. Elle se posa sur le seuil et salua :
โ Crapaud, comment vas-tu ?
โ Je viens trรจs bien ! rรฉpondit le Crapaud, qui รฉtait accroupi devant une calebasse pleine de bonnes choses. Entre donc, mon amie !
L'abeille entra en bourdonnant : Vrrou ! Vrrou !
Le Crapaud fit une grimace :
โ Ah non ! Abeille, je ne peux pas manger en musique. Laisse ton tam-tam dehors, je t'en supplie !
L'abeille sortit. Puis elle rentra en bourdonnant encore plus fort. Elle sortit et rentra sept fois. Sept fois elle fit du bruit. Sept fois le crapaud lui demanda d'arrรชter.
๐ถ๐๐๐ข๐ ๐๐ข๐ ๐ก๐๐๐ ๐ข๐ ๐๐๐ฬ๐๐ ๐ฬ ๐ ๐๐ ๐ฃ๐๐๐ ๐๐ ๐๐๐๐๐ก ๐ ๐๐ข๐ฃ๐๐๐ก ๐๐๐ ๐ฆ ๐ก๐๐๐๐๐ ๐๐ข๐-๐๐ฬ๐๐. L'abeille avait fait sept fois le chemin pour rien, pendant que le Crapaud mangeait tranquillement.
Quand elle rentra pour la septiรจme fois, la calebasse รฉtait vide et lavรฉe.
L'abeille comprit alors qu'elle avait รฉtรฉ moquรฉe ร son tour.
๐ฌ๐ ๐
๐๐๐๐๐ ๐๐ ๐๐๐๐-๐๐ฬ, ๐'๐จ๐๐๐๐๐๐ ๐๐ ๐๐ ๐ช๐๐๐๐๐๐
๐๐ ๐๐ ๐๐๐๐๐๐๐ ๐๐๐๐.
Ainsi, dans la brousse, les amitiรฉs se sont brisรฉes une ร une. Le Singe a perdu le Camรฉlรฉon. L'Abeille a perdu le Crapaud.
๐ถ๐๐ ๐ข๐๐ ๐๐๐๐ ๐๐ข๐ ๐๐ ๐๐๐๐๐๐๐๐๐ ๐๐ ๐ก ๐๐๐๐ ๐ฬ๐, ๐๐๐๐ ๐๐ ๐ ๐ ๐๐ฬ๐๐๐๐ ๐๐๐๐๐๐ , ๐๐๐ ๐๐๐ข๐ ๐๐ข'๐ข๐๐ ๐๐๐ข๐๐๐ ๐๐๐๐๐ข๐ ๐๐ ๐๐๐ก๐๐๐๐ก ๐'๐๐๐ข, ๐๐๐ ๐๐๐ข๐ ๐๐ข'๐ข๐๐ ๐๐๐๐๐๐๐ ๐ ๐ ๐ฃ๐๐๐ ๐๐ ๐ ๐ ๐๐๐๐๐๐๐ก ๐ก๐๐ข๐ก๐ ๐ ๐๐ข๐๐, ๐๐๐ ๐๐๐ข๐ ๐๐ข'๐ข๐ ๐๐ ๐๐๐๐๐ฬ ๐๐ ๐๐๐๐๐ฃ๐๐๐๐ก ๐๐๐ก๐๐๐.
Et depuis ce temps-lร , dans la brousse, chacun va de son cรดtรฉ. Le Singe sautille seul. Le Camรฉlรฉon s'immobilise seul. L'Abeille bourdonne seule. Le Crapaud sautille seul.
Ils se croisent parfois, sur le chemin du marigot ou au pied des arbres. Mais ils ne se parlent plus. Ils ont appris, chacun ร sa maniรจre, que ๐๐๐๐๐๐, ๐๐ ๐๐๐๐๐๐ ๐๐ ๐๐๐๐๐๐ ๐๐๐๐, ๐'๐๐๐ ๐๐ ๐๐๐๐๐๐ ๐๐ฬ๐ ๐๐๐๐ ๐๐๐๐
๐๐ ๐๐๐๐ ๐๐๐ ๐๐๐๐.